PIERRE MARIE

COMMENT RACONTER PIERRE MARIE ? ON POURRAIT BIEN SÛR CLASSIQUEMENT ALIGNER LES SIGNES, LES INFORMATIONS. 36 ANS, UNE PASSION POUR LES DESSINS ANIMÉS DE DISNEY, UN ATTRAIT PRÉCOCE, TENACE, POUR LA COULEUR. UNE ÉVIDENCE : LE DESSIN. DÉTAILLER ENSUITE LES COLLABORATIONS AVEC LES GRANDES MAISONS FRANÇAISES, TELLES QU’HERMES, DYPTIQUE. S’ARRÊTER UN INSTANT SUR SA FAÇON À LA FOIS PRÉCISE ET PRESQUE SURANNÉE DE SE DÉFINIR : « DESSINATEUR ORNEMENTISTE ».

Mais ces mots alignés aussi exacts soit-ils, auraient bien du mal à retranscrire l’essentiel : sa subjectivité, sa fantaisie, son goût si singulier. La biographie la plus juste de Pierre Marie serait avant tout sensible, composée de motifs flamboyants, de rubans entrelacés, de couleurs, de dessins volontiers baroques nourris d’influences lointaines qui habillent les différentes pièces de son appartement dans le 9ème arrondissement parisien. Un lieu qu’il a pensé à son image, comme un univers total, un portrait vivant, mouvant. Cette histoire personnelle et dessinée ouvre aujourd’hui un autre chapitre. Pierre Marie s’offre en effet un nouveau terrain de jeu : l’architecture d’intérieur, qu’il choisit d’aborder en restant fidèle au motif et au dessin, avec une démarche « de décorateur ensemblier », proche de celle adoptée par cette profession au XIXème siècle. Une démarche totale et transversale, dans laquelle le dessin prend vie, se déploie dans l’espace et passe, sous nos yeux, de la 2D à la 3D. Apparaissent alors tapis, tapisseries, vitraux, luminaires, et objets à découvrir dans la galerie de Pierre Marie. De la rue, pour seul repère, un ruban. Pas de chiffre, pas de lettre, pas de produits mais un ruban qui fait office d’enseigne, et se déploie telle une promesse, un étendard : celui du motif comme seule signature, du dessin comme seul conteur possible d’une réalité et d’une identité mouvante, multiple, atypique. C’est au milieu des magasins de guitare, sur les hauteurs de la Nouvelle Athènes, dans l’ancienne boutique d’un antiquaire que Pierre Marie a choisi de s’installer et d’ouvrir sa galerie. Un écrin unique pensé, entre vitrine et installation, comme un décor évolutif qui aura pour vocation d’accueillir les futures créations du dessinateur-ornementiste au fur et à mesure de ses collaborations avec les artisans et les manufactures: vitraux, tapis, luminaires, mobilier… À quelques centaines de mètres de son appartement emblème, qui a fait l’objet de nombreuses publications, Pierre Marie a planté son drapeau, ses couleurs, ses envies, son désir. Pour l’exposition inaugurale, Pierre Marie a choisi de présenter en exclusivité sa première tapisserie. Il l’a dessinée, conçue pendant 18 mois, et ensuite fait tisser par la Manufacture Robert Four, à Aubusson. Une oeuvre unique, surprenante, pièce forte de cette installation immersive.